Harold en Italie, œuvre phare des Siècles la saison passée, est cette fois rapprochée de trois ouvertures du même compositeur.


BERLIOZ, Ouverture du Carnaval Romain
BERLIOZ, Ouverture de Benvenuto Cellini
BERLIOZ, Ouverture de Béatrice & Benedict
BERLIOZ, Roméo et Juliette – Roméo seul et Fête chez Les Capulet
BERLIOZ, Harold en Italie

Les Siècles
François-Xavier Roth, direction
Tabea Zimmermann, alto

Berlioz, fortement impressionné par la Symphonie héroïque de Beethoven deviendra un intense promoteur de la musique de ce dernier. Également créée au Conservatoire de Paris en 1834, sa symphonie en quatre parties avec alto principal Harold en Italie et commandée par le célèbre violoniste Paganini, qui voyait d’ailleurs en Berlioz le digne successeur de Beethoven. Cette œuvre est nourrie du folklore italien et du souvenir des Abruzzes.

Une Italie que l’on retrouvera au travers des ouvertures présentées. À propos de Béatrice & Benedict, Berlioz déclarait justement vouloir faire un opéra italien « fort gai », sur la comédie de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien, dit-il le 19 janvier 1833, peu après son retour d’Italie. Les différents états vécus par ce petit opéra-comique entrainèrent une création tardive en 1862, et de la pièce de Shakespeare ne reste que le filigrane. Numéros musicaux et dialogues parlés alternent, exacerbant le genre de l’opéra-comique avec une concision dramaturgique. L’ouverture a été composée à la fin de la première rédaction de l’opéra. Elle adopte une forme classique, héritière de Mozart ou Rossini, mais son traitement s’en écarte. C’est un pot-pourri d’une demi-douzaine de thème puisés dans l’œuvre qu’annonce Berlioz, à l’encontre des ouvertures des Francs-juges ou de Benvenuto Cellini.

Berlioz composera également l’ouverture de Benvenuto Cellini une fois l’opéra achevé, ne retenant que trois thèmes assez épisodiques parmi les fourmillements de l’ouvrage. Plus qu’un catalogue, cette page constitue une introduction au climat bouillant qui va présider l’opéra. C’est sur l’autobiographie haute en couleurs du ciseleur de la Renaissance, Benvenuto Cellini, que son intérêt s’est porté. Berlioz devait encore s’affirmer dans le domaine de l’opéra et put à nouveau compter sur son ami Liszt qui remonta l’ouvrage à Weimar les 20, 24 et 27 mars 1852. Cette œuvre qui, comme Béatrice & Benedict, subit de profondes refontes n’est pas sans lien avec le Carnaval romain dont l’ouverture est née de l’échec parisien de Benvenuto Cellini, dont elle reprend les thèmes. L’ouverture constitue une sorte de substitut à l’opéra, mais non une ouverture alternative, même si Berlioz l’a introduite en guise d’entracte pour les représentations de Weimar en 1852 et de Londres en 1853.

Concerts

Jeudi 10 janvier 2019, 20h30
Compiègne, Théâtre Impérial

Vendredi 11 janvier 2019, 20h30
Paris, Philharmonie