Au tournant du 20e siècle, Paris accueille des compositeurs de toute l’Europe, notamment le jeune prodige roumain Georges Enescu. Formé auprès de Fauré et Gédalge tout comme Ravel, il construit son propre langage entre musique folklorique et traditions occidentales. Le public parisien est à ce moment-là comblé de romantisme, avec les compositions de Saint-Saëns, et s’ouvre peu à peu aux langages modernes, comme celui de l’inclassable Debussy.


ENESCU, Poème roumain op.1
DEBUSSY, Première suite
SAINT-SAËNS, Concerto no.3 pour violon et orchestre en si mineur op.61
RAVEL, La Valse

Les Siècles
François-Xavier Roth, direction
Corul Regal, chœur
Eduard Dinu, chef de chœur
Simone Lamsma, violon

De 1895 à 1899, le jeune musicien et compositeur prodige Georges Enescu est au Conservatoire de Paris aux côtés de Martin Marsick, Ambroise Thomas, Théodore Dubois, André Gédalge, Jules Massenet ou encore Gabriel Fauré. Le langage musical d’Enescu puise dans le folklore roumain, à la fois nostalgique – « doïnas » – et dansant, mais aussi fortement influencé par les traditions françaises et germaniques. Son Poème Roumain présenté en 1898 connaît un vif succès : Georges Enescu défend une musique libre, moderne, exigeante et se constitue comme le trait d’union musical entre l’Orient et l’Occident de l’Europe. Dans les classes d’André Gédalge et Gabriel Fauré, il rencontre Maurice Ravel qui deviendra un des plus grands orchestrateurs de tous les temps. Ce dernier compose le poème chorégraphique La Valse entre 1919 et 1920, le considérant comme un « tourbillon fantastique et fatal ». Malgré un travail acharné, La Valse n’a pas conquis son commanditaire, Diaghilev, pour être intégrée dans les Ballets Russes : « Ravel, c’est un chef-d’œuvre, mais ce n’est pas un ballet. C’est la peinture d’un ballet ». Maurice Ravel a un style personnel, à la croisée des différents maîtres dont il s’inspire : Liszt, Chabrier, Satie, Fauré et Debussy. « C’est en entendant pour la première fois l’Après-midi d’un faune que je compris ce qu’était la musique » explique-t-il. La profonde originalité du style de Debussy suscite l’admiration du compositeur : on y retrouve des harmonies et des instrumentations wagnériennes, une qualité expressive moussorgskienne, la fausse naïveté de Satie. La Première suite pour orchestre (1883) témoigne du caractère exceptionnel des compositions de Debussy. Alors encore au conservatoire, il fait preuve d’une grande inventivité et technicité : on y découvre une robe orchestrale lumineuse, raffinée, exotique. Saint-Saëns est quant à lui considéré comme classique en cette fin de 19e siècle, mais pas moins stimulant. Excellent organiste et pianiste, il enseigne à Fauré et Messager. Il suscite notamment l’admiration de Liszt, Berlioz ou encore Bülow. Son Concerto n°3 pour violon et orchestre romantique est destiné au violoniste virtuose Pablo de Sarasate. Il est créé en 1880 à Hambourg. S’en suivent des tournées triomphales dans le monde entier : Europe, Extrême-Orient, Amérique du sud et Afrique du Nord.

Simone Lamsma

 

Concerts

Mardi 19 septembre 2017, 17h
Bucarest, Festival Enescu