Les Siècles rejouent La Péri, Namouna, Samson et Dalila sur instruments d’époque


François-Xavier ROTH nous présente le projet LES ORIENTALES

Hélène MOUROT, hautbois solo des Siècles nous parle du hautbois dans les musiques orientales

Les Siècles, direction François-Xavier Roth
RAVEL, Shéhérazade ouverture de féérie
SAINT-SAËNS, Concerto pour piano n°5 l’EgyptienJean-Philippe Collard, piano
DUKAS, La Péri
LALO, Namouna – extraits
SAINT-SAËNS, Samson et Dalila, « Bacchanale »

« L’Orient est devenu pour les intelligences autant que pour les imaginations une sorte de préoccupation générale », écrit Victor Hugo dans sa préface des Orientales en 1829.
L’Orient est en effet un sujet de fascination pour la plupart des compositeurs français du 19e siècle et ce programme en est un magnifique témoin.
Ravel, Saint-Saëns, Dukas et Lalo s’approprient les mythes et légendes du désert et du moyen-orient et inventent une musique colorée, une orchestration chatoyante qui permettent à leurs contemporains de voyager dans ces contrées lointaines et exotiques le temps d’un concert.
Pour ce projet, les musiciens des Siècles joueront les instruments français de la seconde partie du 19e siècle redonnant ainsi leurs couleurs originales à ces oeuvres chatoyantes.

C’est lors d’un séjour à Louqsor que Saint-Saëns rapporte son Cinquième concerto pour piano, baptisé « L’Egyptien ». Les couleurs, les parfums et les sons d’Afrique du Nord forment un univers que le compositeur connaît bien (il séjourna plusieurs fois en Tunisie, en Egypte et surtout en Algérie) et qui l’a inspiré à de multiples reprises, comme en atteste la deuxième œuvre de ce programme Sanson et Dalila. Le Concerto « Egyptien » mêle ainsi un langage occidental (premier et dernier mouvements) à des emprunts à la musique arabe dans le deuxième mouvement, dont le compositeur a écrit qu’il était « une façon de voyager en Orient qui va même jusqu’en Extrême-Orient. Le passage en sol est un chant d’amour nubien que j’ai entendu chanter sur le Nil ».

La Péri est un poème dansé en un tableau composé par Paul Dukas en 1911 à la demande de Serge Diaghilev pour les Ballets Russes. Dès l’introduction, le compositeur installe un climat irréel : cette atmosphère d’inquiétante étrangeté qui fascine au moment d’entrer dans le monde enchanté des légendes. Alors que les mages lui prédisent une fin proche, Iskender (forme orientale du nom Alexandre Le Grand) part à la recherche de la fleur d’Immortalité. Aux confins de la Terre, il rencontre une péri endormie qui détient la fleur. La partition s’organise autour de l’acmé que sera la partie centrale : la danse et ses variations qui dévoilent progressivement le pouvoir des charmes de la Péri, servent également de prétexte au compositeur pour une mise à l’épreuve de ses talents.

C’est Namouna, musique d’Edouard Lalo s’inspirant du poème « exotique » de Musset, qui accompagne Suite en blanc, le ballet de Serge Lifar crée en 1943. Le public fut dérouté par la partition musicale qui s’ouvre sur un tumulte de cuivres et de percussions, se poursuit avec un second thème plus délicat avant que les mouvements de la fête haute en couleur reprennent le dessus ; cependant la salle compta des enthousiastes, Gabriel Fauré, Emmanuel Chabrier, Ernest Chausson et Claude Debussy.

Enfin s’inspirant du Livre des Justes, Samson et Dalila relate les épisodes essentiels d’une histoire connue de tous : le triomphe de Samson, la trahison de Dalila, la vengeance puis la mort du héros. « La Bacchanale », troisième acte de Samson et Dalila est une scène typique des bacchantes. Cette danse teintée d’orientalisme est régulièrement inscrite au programme des concerts symphoniques.

Concerts

Samedi 14 janvier, 15h et 20h
Caen, Théâtre

Dimanche 15 janvier, 16h
Soissons, Cité de la Musique

Mardi 17 janvier, 20h30
Annecy, Le Bonlieu

Samedi 20 mai, 16h30
Paris, Philharmonie

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