Les Siècles questionnent le temps avec humour au travers d’un programme déconcertant. Laissez-vous guider par une mécanique et surprendre par les multiples textures instrumentales révélées.


LIGETI, Poème symphonique pour 100 métronomes
BEETHOVEN, Symphonie n°8
RAVEL, L’Heure Espagnole

Les Siècles
François-Xavier Roth, direction

Bien que d’époques différentes, les trois œuvres présentées sont néanmoins comparables en bien des points. Longtemps décriées pour leurs approches rudimentaires voire ludiques de la nouveauté (une Symphonie n° 8 de Beethoven occultée par la septième, L’Heure espagnole qualifiée de « vaudeville pornographique » et le Poème pour 100 métronomes de Ligeti à la source d’un scandale), elles n’en demeurent pas moins adossées à certaines traditions.

Imposant une expérience unique à l’auditeur, l’œuvre de Ligeti, née d’une idée simple ira même jusqu’à provoquer. Symbole de la dépersonnalisation, ce Poème symphonique, ironique par le titre car mécanique et prédéterminé quant à son développement temporel et sa forme générale, révèle une grande courbe ; du brouillard sonore initial au diminuendo rythmique d’où émergent les mouvements des derniers métronomes. Beethoven, était admiratif de cette nouvelle invention qu’était le métronome (qui naquit en 1812, date à laquelle il composa sa Symphonie n° 8 aux proportions classiques, seule symphonie à d’ailleurs posséder un vrai menuet). Il fut également le premier compositeur à inscrire des indications métronomiques sur ses partitions.

En dénouement, L’Heure espagnole concilie la passion de Ravel pour l’Espagne et son attrait pour la mécanique de précision. Redonnant vie à l’opéra-bouffe italien, il campe ici une métaphore horlogère de l’amour. L’humour et le burlesque de l’œuvre de Franc-Nohain ont séduit un Ravel dont la partition aux harmonies et orchestrations insolites illustre l’atmosphère et les bruits environnants d’une boutique d’horloger, créant un décalage avec la platitude des mots et des actions. C’est l’occasion de retrouver des métronomes dissimulés dans l’orchestre en ouverture ou figurant par la suite les courtisans de Concepción.

Concerts

Mercredi 13 mars 2019,
Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence

Jeudi 14 mars 2019,
Grenoble, MC2

Samedi 16 mars 2019,
Evian, La Grange au Lac

Mardi 19 mars 2019,
Soissons, Cité de la Musique