Pour la première fois en France, Les Siècles rejouent une version originale de la Symphonie n°1 de Mahler, dite Titan, ainsi que le poème symphonique Totenfeier issu de sa deuxième symphonie, sur les instruments allemands de la fin du 19ème siècle.


MAHLER Symphonie n°1 « Titan »
MAHLER Totenfeier, Poème symphonique

Dès sa première symphonie, Mahler déploie une palette sonore extraordinaire. Ce que l’on ignore peut-être c’est que cette Symphonie n°1 a connu une histoire incroyable : esquissée dès 1884 à Cassel, l’essentiel de la première version de la Première Symphonie (en deux parties et en cinq mouvements) est réalisé de décembre 1887 à mars 1888. À cette époque, Mahler, âgé de 28 ans, est un chef d’orchestre très apprécié, assistant d’Arthur Nikisch à l’Opéra de Leipzig. La symphonie, qui selon Mahler doit provoquer chez autrui « mainte raison d’étonnement », ne parvient à être jouée nulle part. Cette déception et une brouille avec le directeur de l’Opéra de Leipzig causent la démission de Mahler à l’été 1888. Il se fait engager en septembre de la même année comme directeur de l’Opéra royal hongrois à Budapest. Après avoir remporté un succès considérable en donnant L’Or du Rhin et La Walkyrie, Mahler y crée sa symphonie le 20 novembre 1889 dans sa version originale terminée à Leipzig et présentée comme Poème symphonique en deux parties et cinq mouvements.

Avec la musicologue Anna Stoll-Knecht, Les Siècles ont travaillé sur les manuscrits de Budapest 1889, Hambourg 1893 et Weimar 1894 en étroite collaboration avec les éditions Universal. Ils proposeront une redécouverte du poème symphonique original « Titan » en 5 mouvements. Ce retour aux sources sur les instruments de la création de l’œuvre, permettra de redécouvrir sous un nouveau jour ce chef d’œuvre absolu de l’histoire de la musique. 

C’est en 1888 que Mahler composa son poème symphonique intitulé Totenfeier (Cérémonie funéraire), d’après un poème épique d’Adam Mickiewicz. Cette œuvre représente des funérailles – celles du « Titan » de la Première Symphonie, qui trouve ici son aboutissement –, et exprime l’interrogation existentielle de la résurrection : la vie et la mort ont-elles un sens, et y a-t-il une vie après la mort ? Cette marche funèbre, ce requiem des illusions perdues aura du mal à voir le jour, puisqu’en 1891, Mahler tente de séduire son illustre collègue Hans Von Bülow en lui présentant son poème symphonique déjà écrit depuis près de 4 ans mais sa réception ne sera pas celle espérée par Mahler. La partition finit ainsi dans un tiroir. Le poème symphonique Totenfeier n’exista plus alors que comme premier mouvement de la symphonie Résurrection et sera révisé le 29 avril 1894 pour y être incorporé. Ce mouvement reste incontestablement le cœur de la symphonie à venir.

Concerts

Dimanche 7 octobre 2018, 17h30
Villeron, Grange de Vaulerent

Vendredi 19 octobre 2018, 20h
Soissons, Cité de la Musique