Alternant des œuvres de Mozart et Lachenmann sur instruments classiques et modernes, Les Siècles produisent une nouvelle écoute.


MOZART, Symphonie n°39
LACHENMANN, Mouvement
MOZART, Symphonie n°41

Les Siècles
François-Xavier Roth, direction

Si Mozart est le modèle d’un compositeur de l’équilibre et de la grâce, celui qui réconcilie tous les paramètres, tous les styles et tous les affects, l’écriture savante et le registre populaire, Lachenmann serait plutôt de la famille de Haydn et de Beethoven (musiciens analytiques, constructivistes, dialecticiens, ironistes), ce dernier considérant la musique concrète instrumentale comme une découverte à la fois « rationnelle et ludique ».

Les Symphonies n° 39 et 41 de Mozart sont des productions spontanées qui renferment un sens de l’équilibre structurel et des proportions, une richesse du matériau thématique et un souci des textures orchestrales jusque-là encore jamais atteints dans ce genre, alors que la musique d’Helmut Lachenmann met en crise les conventions et les habitudes d’écoute, rejetant les formes conventionnelles de beauté (qu’il désigne lui-même sous le terme de « son philharmonique »).

L’ampleur des dimensions de la Symphonie n° 41 de Mozart s’agence dans l’équilibre classique des structures. Le parcours « tension/résolution » articule donc l’enchaînement des quatre mouvements alors qu’à travers l’unique mouvement de son œuvre, qui conduit du son à peine audible jusqu’à des textures virtuoses, d’une musique figée jusqu’à des moments d’exubérance, Lachenmann sollicite tantôt une écoute capable de descendre à l’intérieur du son et d’arpenter des territoires inconnus en construisant au fur et à mesure ses propres critères, tantôt de se laisser emporter par un discours qui offre des repères évidents et une continuité rythmique simple. Dans une logique « gestuelle », au moyen de techniques de jeu très diversifiées qui utilisent tout le spectre allant du son vibré au bruit, l’instrument est considéré comme un ustensile. Des figures fantomatiques, comme les ruines d’un discours musical conventionnel apparaissent alors, constituant la face cachée du « beau son ».

Leur musique fait comprendre que rien n’est donné, que rien ne va de soi ; chacune de leurs œuvres semble reprendre la question du langage musical lui-même, alors qu’ils ont en horreur les « blocs de préfabriqué » recyclés tels quels sans être mis en perspective.

Concerts

Samedi 12 janvier 2019, 20h30
Amsterdam, Muziekgebouw

Dimanche 13 janvier 2019, 14h15
La Haye, Zuiderstrantheater

Mardi 15 janvier 2019, 20h30
Beauvais, Théâtre